Dans les marais du Mékong

On se faufile au milieu de barges, écrasées par leurs charges, qui remontent le Mékong à un train sénatorial. Sur les berges, on trouve surtout de l’industriel « léger ». Visites de petits ateliers où l’on transforme l’argile, la noix de coco ou celle de cajou.

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Premier arrêt, une briqueterie. Les toits coniques, un peu design, font presqu’oublier le travail étouffant pour (a) alimenter le four d’écorces de noix de coco (b) cuire l’argile ramassée sur les berges du fleuve et (c) sortir les briques rouges, les stocker à l’écart des fours et, plus tard, les expédier.

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Visite d’un hangar où elles sont cent cinquante à décortiquer, en rangs serrés, des petites noix très foncées. Payées par panier de 8 kilos traité. Le propriétaire, vautré dans son hamac, nous observe, ne dit rien mais n’en pense pas moins : « Vous savez, si elles ne sont pas contentes, elles peuvent toujours aller voir à Saigon pour trouver mieux ! ». Le Cajou aura-t-il encore le même goût ?

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Nous sortons de là pour pénétrer au sein d’une sombre mangrove, au cœur du delta. La végétation est dense, les canaux s’entrecroisent tous les mètres ou presque. Le guide, plus âgé que nous, explique comment 150 soldats embourbés sont tombés ici en quelques minutes sous les balles ennemies. Américains ou Viets ? Peu importe, nous sommes au cœur des ténèbres. Nous grimpons dans un canot où Monsieur et Madame pagaient. Lui derrière, elle devant. On s’arrête quelques minutes devant un chemin au bout duquel se niche une propriété où vit un très vieux monsieur. « Who lives down that alley ? ». La rameuse prend quelques secondes « Oh, you don ‘t want to know … some madman called Kurtz … ».

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1365523-MLu The Girl in the Picture. Photo de 1972 qui mettra l’Amérique à genoux. Lu aussi Les Carnets Retrouvés de Dang Thuy Tram, médecin Viêt-Cong qui mourra au front en juin 1970. Journal intime d’une jeune fille de 25 ans qui raconte la guerre au jour le jour, les deuils et les destructions que les Américains infligèrent aux combattants et aux populations civiles. Bien plus poignant que Marlon Brando.

En début d’après-midi, ballade à vélo sur les digues. Nous prenons le thé chez un fermier de 78 ans. Il nous dit avoir toujours cultivé la terre et être en paix avec le monde. Il a huit enfants et il nous explique que la vie maintenant est incomparable avec ce qu’il a connu avant. Quand on le presse, il n’a, dit-il, qu’un seul regret, c’est qu’après tant d’années, le prix du lingot d’or ne se négocie plus à 18.000 Dongs mais à mille fois plus …

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A propos newdavid

La vie est un long fleuve tranquille
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